Les approches participatives

objectifs Objectifs

Appréhender les différentes dimensions de la participation

Découvrir les principaux outils d'animation mobilisées dans la mise en œuvre d'une démarche participative

Découvrir les principales démarches participatives mobilisées dans la mise en œuvre du développement durable

Analyser une démarche participative

introduction Introduction

Les relations entre la science et la société deviennent aujourd'hui de plus en plus délicates, que ce soit sur le terrain, entre conseiller technique et populations, ou dans les instances internationales, entre experts et leaders civils et politiques, au fur et à mesure que les enjeux posés à la science gagnent en complexité et en incertitude. Les scientifiques se retrouvent face à des questions de développement, d'environnement ou de démocratisation pour lesquelles une partie importante de la réponse dépend du contexte social et culturel, des logiques et des comportements des acteurs concernés. Au niveau théorique, cela entraîne des évolutions considérables des modes de penser la science (Functowicz 1994) ou la politique (Rawls 1999, Habermas 2001, Sen 1999); au niveau pratique, cela renforce l'urgence à créer des modes d'implication efficaces des différents acteurs de la société dans la prise en charge de leur avenir.

Dans ce contexte, les démarches participatives, même si elles n'ont pas réussi à s'imposer durablement après vingt ans de pratiques, restent une voie intéressante pour une plus grande implication des différents groupes d'acteurs dans la mise en œuvre d'un développement durable. Nous entendons ici par participation tout processus qui aide des individus à influencer les prises de décision qui les affectent et à prendre une certaine part dans le contrôle de ces décisions, depuis la construction d'une politique publique jusqu'à la sélection d'une technologie adaptée.

Théoriquement, le concept de participation repose sur quatre critères d'identification (Fiorino 1990) : un mécanisme qui doit permettre la participation directe et l'expression des capacités d' "amateurs" (citoyens) dans un processus de décision; un mécanisme qui doit accroître le partage de l'autorité décisionnelle (Thompson 1970); un mécanisme qui accroît les possibilités de discussions "face à face" (Barber 1984); enfin un mécanisme qui permet un poids équivalent dans la discussion des citoyens, des techniciens et des politiques. L'enjeu méthodologique général est alors dans un plus grand partage des représentations et des enjeux entre les différents acteurs concernés, mais selon l'approche le poids respectif des points de vue des intervenants et des acteurs locaux est variable :

  1. pour certains, la participation signifie un échange de points de vue, avec comme enjeu principal de transférer aux acteurs ciblés une grande partie de sa propre analyse (sensibilisation participative);

    pour d'autres, la participation signifie de dépasser cet échange de points de vue pour construire une vision commune, ce qui implique que chacun accepte de modifier son analyse initiale (diagnostic participatif);

    (i)le terme de participation est aussi employé par des démarches qui souhaitent partager avec les acteurs ciblés les différentes tâches et responsabilités dans la gestion d'une ressource, d'un espace, d'une chaîne de production,... (gestion concertée);

    (i)enfin, la participation peut aussi définir un processus partagé de décision, en amont de la gestion, concernant le choix des valeurs et des enjeux prioritaires à traiter ensuite (démocratie participative). Ainsi, une démarche de gestion concertée signifie de gérer ensemble une réserve de faune tandis qu'un processus participatif de décision signifie de décider ensemble si la priorité est de prévoir des réserves et si oui où les installer.

Cependant, bien qu'expérimentées depuis plus de trente ans, et malgré les évolutions indéniables qu'elles ont entraînées dans la façon de mettre en oeuvre les programmes de développement et les politiques publiques, les approches participatives se retrouvent toujours face aux mêmes interrogations sur leur efficacité et leur pertinence, il est ainsi toujours aussi difficile aujourd'hui de définir de façon non partisane les objectifs et les limites de la participation, ou plutôt de chacune des façons d'envisager la participation. Il est par conséquent toujours aussi difficile, face aux critiques qu'elles soulèvent, de prouver suffisamment l'efficacité de ces démarches pour permettre une diffusion plus généralisée de leurs innovations et de l'expérience acquise.

C'est pourquoi il est indispensable aujourd'hui que les démarches participatives proposent ensemble et de façon coordonnée une grille de lecture de leurs enjeux, de leurs objectifs, de leurs modalités et de leurs limites, qui prennent en compte les doutes pertinents qu'elles soulèvent. C'est la voie la plus rigoureuse et pragmatique pour parvenir à proposer aux politiques publiques comme aux programmes de recherche-action des positionnements clairs et pratiques de la participation face à ces questionnements critiques.